15 – Noël à Manhattan

Je faisais mention il y a deux semaines de la série Ultra-Lounge que je ne peux que vous recommander chaudement (excellente musique instrumentale issue des belles années de Capitol Records). Et je me dois d’y revenir parce que la source est littéralement intarissable. Aussi bien vous mettre en contexte.

Alors que je préparais (en compagnie de monsieur Boisbriand) une émission de radio uniquement consacrée à la musique de Noël, nous sommes tombés sur une pièce cachée non-identifiée sur la pochette (c’était la grande mode il y a quelques années de laisser traîner des petits trésors en fin d’album afin d’en augmenter la valeur marchande).

Pour tout vous dire, le fait d’ignorer les détails rendait la pièce encore plus intéressante. Encore une fois, comme dans le cas de Claude Steben (voir page précédente sur le sujet) l’audition tourna rapidement à la répétition obsessive. La voix, l’orgue… tout était là! Un homme à l’accent vaguement espagnol sérénade doucement dans les oreilles de sa douce « Do You Remember Darling… »

Dans le délire qui s’ensuivit, nous nous sommes mis à rêvasser sur son identité. Imaginer le Casanova en Dracula tombeur nous faisait hurler de rire. Et nous étions convaincus de l’humour fin des compilateurs de ces enregistrements Capitol des années 50; nous les imaginions en train d’éditer la compilation et avoir autant de plaisir que nous à l’écoute de cette inquiétante sérénade.

J’ai finalement découvert qu’il s’agissait de Renzo Cesana, un acteur italien au portefolio plus que confidentiel (beaucoup de télévision en fin de carrière) et la chanson

« Violets For Your Furs » [Télécharger]
était en réalité une ballade écrite par Tom Adair et mise en musique par Matt Dennis. Frank Sinatra en avait tiré une version suave et dégoulinante pour son album Songs For Young Lovers. Avouez que chantée comme ça, avec la voix d’un séducteur fini, c’est beaucoup mieux. Pas spécifiquement Noël, je sais. Mais quand même une atmosphère hivernale indéniable…

Ça me rappelle les interludes de TVA lorsque je m’endormais devant le film de fin de soirée. Et que je me réveillais soudain à la musique totalement surréelle de Marc Legland et son organ à pédale qui nous rappelait qu’on devait aller au lit…

2 thoughts on “15 – Noël à Manhattan

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