MPA 013 – Ouolépolé!

cambodian1.jpg

En 1996, l’étiquette indépendante Parallel World publiait l’album Cambodian Rocks, une collection étonnante de rock de garage et de musique psychédélique cambodgienne des années 60 et 70; n’eut été de la curiosité de Paul Wheeler (un touriste américain, du genre qui pose des questions et qui va au bout de ses passions), ce nouvel idiome musical n’aurait probablement jamais vu le jour (parmi nous du moins).

Wheeler, en transit entre le Japon et son pays natal, est en Asie du Sud. Une camionnette s’arrête pour le faire monter alors qu’il faut du pouce au Cambodge. L’Américain remarque que le conducteur fait jouer inlassablement des cassettes de musique fuzz-punk-rock de son pays et Wheeler fait par la suite l’acquisition d’une pelletée de cassettes du même genre sur la rue. De retour à Phnom Penh, il est déjà passablement accroché à ce rock quasi infectieux et commence à compiler les connaissances et les informations sur sa production; la musique doit entre autres beaucoup à la culture acid-rock britannique et americaine de son époque, mais ne se contente pas seulement de copier, mais de lui invigorer une partie essentielle de sa culture locale. On peut imaginer que les artistes se sont abreuvés à même la radio des Forces Armées Américaines et les musiciens ne se sont pas gênés pour utiliser (parfois de façon abusive) l’orgue, le fuzz, le wah-wah et toutes ces inventions qui ont révolutionné le rock au cours de cette période bénie.

cambodian2.jpg

On peut aussi présumer que les musiciens et artistes entendus sur la compilation en question n’ont reçu aucune rémunération pour l’exploitation de leur musique et qu’ils ont probablement été assassinés par le régime des Khmers Rouges qui a pris le pouvoir au milieu des années 70. Un extrait, en espérant que vous aurez la curiosité de ramasser cet album s’il vous tombe sous la main. Vous reconnaitrez l’air, je crois…

Ros Sereysothea – Wolly Polly [Télécharger]

3 thoughts on “MPA 013 – Ouolépolé!

  1. Très amusant cover de Wooly Bully, présenté en 1965 par Sam The Sham and The Pharaohs… on les retrouve d’ailleurs sur Youtube en noir et blanc… et plusieurs autres versions, dont certaines assez récentes (2007), ce qui laisse présager un retour à la mode de ladite toune… Merci

Pas de gêne, là. Commentez.