MPA 065 – Parlons d’autre chose

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Formé au milieu des années 70, à une époque où le rock, alors en quarantaine au Québec, était éclipsé par le courant musical néo-folk issu de la contre-culture du début de la décennie, Aut’Chose a fait son apparition en opposant au retour à la terre la vie grouillante des ruelles et l’appel de la route. Le groupe – né de la rencontre du poète rock Lucien Francoeur et du guitariste de formation classique Pierre-André Gauthier – s’est distingué de tout ce qui s’est fait dans le domaine du rock au Québec avec un langage particulier et urbain et des références aux grands thèmes de la mythologie moderne (plusieurs allusions directes à Marilyn Monroe, Janis Joplin et Jim Morrison).

Les textes de Francoeur frappent l’imagination des amateurs de rock avec une poésie crûe et sans compromis :

« Écoute Susie chérie, Mick Jagger y a pas dit qu’t’étais la Reine de l’Underground, Mick Jagger y a dit qu’tu t’prenais pour la Reine de l’Underground. Ça faque les cadenas su mon bicik j’en veux pas. Claire la place, j’veux pu t’voir la face, pousse pas ta luck OK bébé. »

« La tête qui gèle, le crâne qui craque, c’é moé l’freak de Montréal, j’ai mis des ailes à mes bretelles, un stéréo dans mon cerveau, j’ai l’univers dans ma cuillère… »

« J’écris mes chansons, à la lumière de Claude Néon, j’ai passé ma vie dans des clubs de bandits, j’vas mourir comme chu né, gelé d’la tête aux pieds, avec des p’tites filles mal élevées, belles comme des chars simonisés, des grandes garces usagées, belles comme des chars volés… »

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À la sortie du premier album Prends une chance avec moé, les médias québécois ont tenté de comparer et d’opposer les groupes Beau Dommage et Aut’Chose. Selon Lucien Francoeur : « «C’était les deux pôles. D’un côté avec Beau Dommage, tu avais les p’tits “cute”, les gars à “blazer”, les enfants de bonne famille, l’establishment éventuel, le côté sain du trip; et de l’autre, avec Aut’Chose, c’était la “Main” dans son côté le plus solennel, les mangeurs de guédilles grasses, les gars de bicycles, le côté Brylcream, le coat de cuir et l’aspect voyou. Il fallait que tu te branches, d’un côté ou de l’autre. Tu ne pouvais pas être pour Francoeur et pour Rivard en même temps… »

Le groupe s’est aussi permis de citer des grands compositeurs (Nino Rota), de reprendre Brigitte Fontaine (Comme à la radio) et de composer un western humoristique qui ne manque pas de piquant:

Aut’Chose – La vie Weston [Télécharger]

(sources : lucienfrancoeur.com, Le Parolier)

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