À couper au couteau

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Je viens d’assister ces derniers jours (par l’intermédiaire de la radio) à un dialogue de sourds à propos des coupures dans la culture. D’une part, des artistes et un milieu qui savent l’importance de la culture dans l’évolution d’un peuple et son importance dans l’élévation de l’âme humaine, mais qui ne peuvent s’imaginer une seconde de voir les programmes de subvention évalués, repensés et remis un peu en question. D’autres parts, des gens qui se disent réalistes, qui demandent des comptes, prétendent ne pas se laisser bourrer, mais qui sont totalement fermés à tout ce qui ne ressemble pas à la culture de masse et pour qui seul compte un dénominateur commun très élevé, celui qui mesure en quantité, en masse, en chiffres, en profit, toutes des notions qui n’ont rien à voir avec l’art.

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Ça m’ennuie de constater un tel clivage. J’aimerais bien pencher du côté de ceux qui proposent une remise en question des programmes de subvention, mais j’ai bien trop peur qu’on laisse cette besogne à des citoyens pour qui la culture n’est qu’une affaire d’impôt et de taxes, et qui passeraient la gratte sans vergogne sur le travail d’artisans talentueux. Vous remarquerez aussi que dans tout ce débat, personne ne propose la solution du mécénat. Parce qu’une telle pratique n’existe pratiquement pas au Québec, alors qu’elle est très courante chez nos voisins du Sud. Regardez PBS. Lisez les génériques: « This program has been made possible by… » À part des gens comme l’opticien Laloun qui subventionne des projets artistiques un peu risqués, je ne connais pas d’équivalent dans la province.

Prêtez une oreille (et peut-être les deux) aux trois segments que je viens d’extraire des ondes de CHOI (je n’ai rien de très substantiel au FM93 et Radio-Canada est difficilement manoeuvrable sur le web quand vient le temps d’enregistrer des segments) et dites-moi ce que vous en pensez.

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Le président de l’UDA Raymond Legault défend le point de vue des artistes qui manifestent contre les coupures du gouvernement Harper dans le secteur culturel. Il sera rapidement surpris par les prises de position des animateurs qui représentent aussi celles de plusieurs citoyens de la région de Québec.

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Le comédien Raymond Bouchard s’en vient ploguer le film LE BANQUET en compagnie de son réalisateur Sébastien Rose. Les animateurs qu’ils rencontrent sont loin d’être complaisants et ils poursuivent le débat sur la place de la culture dans la société et la pertinence de subventionner les artistes québécois.

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L’écrivain et animateur Stanley Péan entre dans un débat très serré avec l’équipe du matin de la même station. Ça chauffe pas mal entre lui et les animateurs Denis Gravel et Dominic Maurais.

Vous pouvez télécharger un fichier .rar contenant les 3 extraits ou les extraire un par un:

080827 – CHOI – Raymond Legault [Télécharger]

080827 – CHOI – Raymond Bouchard [Télécharger]

080904 – CHOI – Stanley Péan [Télécharger]


Qu’en pensez-vous? Gênez-vous pas pour commenter.

17 thoughts on “À couper au couteau

  1. J’ai seulement écouté Stanley Péan. Ainsi, CHOI continue sa radio démago. Quelle honte! Ils sont tellement morons!

  2. M. L’homme-scalp, merci de me donner l’occasion pour la première fois depuis un an d’écouter CHOI… Ça confirme pourquoi je n’écoute pas cette station. C’est pathétiquement démagogique, de mauvais goût et de mauvaise foi… comment peuvent-ils être aussi incultes, bassement populistes ?

    C’est ça leur libarté d’expression… une chance qu’on a le choix de ne pas les écouter.

  3. Je me suis fait violence et j’ai écouté les extraits. Mon avis ! CHOI devrait se contenter de parler de ce qu’il connaît, soit : le sport, le sport et le sport. La position de CHOI, on la connaît avant l’entrevue. Ils sont trop imbéciles pour comprendre que les retombés de la culture dont ils parlent, les fameux 85 milliards, n’atterrissent pas directement et uniquement dans les poches des artistes mais plutôt dans la colonne des revenus des industries qui gravitent autour. Le tourisme : ça comprend les transporteurs, les hôtels, restaurants ; ou l’exploitation des infrastructures : producteurs, entrepreneurs et personnel technique et cadre et commercants … pour ne nommer que ces industries. Les subventions n’étant qu’un procédé par lequel on redistribue des gains collectifs. Qui viendrait au Québec pour visiter le McDonald et le Wall Mart, ou écouter CHOI fm ? Le débat ne porte même pas sur la réévaluation des programmes mais sur le bien fondé des subventions. — Si on veut parler sérieusement des coupures ; Josée Werner prétend vouloir réévaluer ces programmes, si c’était ça, ça serait défendable. Mais pourquoi alors ne propose-t-elle pas ses « nouveaux » programmes avant de procéder aux coupures des anciens. Mon avis ! C’est un mensonge éhonté et un procédé fourbe auquel s’adonnent constamment les politiciens, et particulièrement Harper. En résumé, on subventionne des porcheries et des radios poubelles, pourquoi pas les arts. Et bravo à Stanley Péan pour son courage : affronter la bêtise, c’est pire que d’affronter la bête.

  4. C’est quand même renversant d’entendre Gravel parler de la culture comme étant un hobby… juste parce que l’artiste ne réussit pas à vivre de son art. Et il parle seulement des praticiens de l’art, jamais de la culture comme quelque chose qui fait partie de la vie, de l’âme des gens.

  5. Pour Montréal prenez à gauche, pour Québec à droite…

    Moi je suis en route pour Montréal…

  6. J’ai honte !

    J’ai écouté l’extrait avec Stanley Péan et j’ai honte d’entendre les propos démagogiques des animateurs certes mais j’ai également honte des réponses qui manquent de réparties du porte-parole du MAL et qui en somme manque ici une belle chance de modifier les perceptions d’un hélas trop grand segment de la population de la belle région de la Capitale-Nationale.

  7. C’est parce qu’il est aussi sonné que Legault et Bouchard en entrevue avec Stéphane Gasse, Jean-Pierre. Surpris par des idées aussi étroites. Il a tout de même le temps de les traiter d’incultes, mais ça ne fait que renforcer les préjugés des 2 animateurs.

  8. La répartie de Legault était de loin plus pitoyable que celle de Péant. D’accord avec l’idée qu’ils ont été déstabilisés par la stupidité des arguments de CHOI.

  9. Les animateurs provoquent intentionnellement leurs invités pour qu’ils s’emporte. Comment faire? Utiliser le genre de rhétorique d’un enfant de 15 ans et je cite: « on coupe 45 millions pis vous partez a pleurer! Ya de quoi qui marche po la… ».

    Mais sincèrement doit-on accuser le média ou les gens qui écoutent ce genre de bouillie? À mon avis on vaincra l’ignorance par plus d’éducation. Et ça passera certainement par plus de culture.

    Les subventions c’est un peu comme fait le CRTC pour les médias. Le CRTC a été créé pour protéger la culture canadienne face à l’hippopotamique culture étasunienne. Les subventions permettent des créations authentiquement canadienne d’exister. Sans les subventions, on aurait que des séries américaine à la télé.

    Si vous voulez mon avis, les élections fédérales démarrent la semaine prochaine… La question sera résolue par les urnes.

  10. Reçu par voie de courrier le commentaire suivant:

    Je suis en train d’étudier les super entrevues de CHOI. Je suis pas sur d’aimer ça. Dommage que ce soit la référence des débats publics radiophoniques.

    Vois-tu, confidentiel correspondant, la nature de mon problème est la suivante: À Radio-Canada (mettons à Christiane Charette ou Franco Nuovo, pire encore Joel Le Bigot), à Télé-Québec (MF Bazzo) ou dans un média communautaire, nous aurions à composer avec une certaine conformité de pensée qui fait en sorte qu’on n’aurait pas ce genre de position dite « de droite ».

    Je reproche souvent à l’intelligentsia médiatique de ne pas avoir la décence de faire place aux partisans d’idées qui ne sont pas les leur. Mme Bazzo a peu souvent eu en ondes des personnes qui tiennent des idées tranchées en faveur de coupures dans la culture; tout comme elle ne recevra pas non plus d’humoriste fédéraliste (est-ce que ça existe?) qui s’amusera aux dépens de Pierre Falardeau ou de Loco Locass.

    Pouvez-vous imaginer quelqu’un en ondes à ces émissions en train d’expliquer qu’il pencherait pour une certaine remise en question des programmes de subvention aux artistes?

    Vous me direz que sur les ondes de CHOI, les animateurs pensent tous de la même façon; je dirais que c’est vrai. Mais en même temps, on a eu dans les 3 extraits audios la chance d’entendre les camps s’affronter. Ils n’ont pas eu le temps de se rejoindre au milieu, mais quand même ils se sont parlés.

    De la même façon, je reprocherais aussi à une certaine élite politico-médiatique de toujours parler avec mépris des électeurs de Québec qui ont choisi de voter pour des partis différents. Je pense que ça montre une certaine forme d’adolescence politique que de ne pas être capable de respecter ses concitoyens.

    Je sens que je vais encore me faire garrocher des roches.

  11. J’ai écouté l’extrait de CHOI et je ne vois franchement pas le sérieux ou l’expertise de ces journalistes. Jamais ils n’oseraient s’attaquer à la notion de subventions accordées aux entreprises du secteur manufacturieur, qui profitent aussi de programmes pour s’exporter à l’étranger. Par ailleurs, pour avoir mené des missions commerciales à l’étranger, je peux vous dire que ce qui permet à nos gens d’affaires de faire des contacts et de signer de gros contrats partout, ce sont les soirées de venture capital et autres, organisées autour des spectacles et des expositions de nos artistes. Ceux-là mêmes à qui l’on dit que leur art ne sert à rien. Méconnaissance du milieu des affaires, comme de celui des arts.

    Il n’y a pas de subventions pour envoyer CHOI nous représenter à l’étranger car nos gens d’affaires, devant le désastre, s’y opposeraient assez vite.

  12. J’ai de la difficulté à écouter les extraits au complet tellement l’argumentation des animateurs est bornée et utilise la phrase c’est un autre débat pour toutes les comparaisons avec d’autres secteurs…Bravo à Raymond Legault.

  13. Je n’ai pas écouté les extraits, car j’ai mis hors de ma vie tous les médias, afin de devenir libre. Par contre, j’ai lu les commentaires ci-haut et je me suis dit : mettez la radio, télé et journaux à la poubelle éternelle. Tout deviendra beau.

  14. Eh met pas tous les médias dans la poubelle! Ça serait une grossière erreur. Les radios indépendantes sont libre de conflits d’intérêts, honnêtes et offrent de l’espace à des points de vue diversifiés.

    Mais d’accord pour défenestrer la boîte à cons.

  15. Par rapport au commentaire no 10 de l’homme scalp, je crois que la diversité des opinions est souhaitables, en effet.

    Mais ce que j’ai entendu de CHOI sur ce blogue, ce n’est pas une entrevue, c’est une confrontation idéologique. Pas grave bien sûr, si ce n’est la faiblesse des arguments des animateurs. Mais ce que je déplore par dessus tout, c’est qu’ils se donnent un avantage numérique (2 contre un durant toute l’entrevue) et pire encore, (j’ai écouté seulement Péan) une fois que l’entrevue se termine, ils profitent de l’absence de l’invité pour tenter de démolir sa position.

    Oui au débat, mais pas au derby de démolition. Et en entrevue, il est aussi bon de savoir écouter un invité plutôt que de tenter d’avoir raison à tout prix.

    Enfin, merci à toi Homme scalp… J' »écoute » souvent ton blogue.

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