Pierre, tu es pierre…

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Hector Zazou – 1948-2008


Le site de l’étiquette Crammed Discs nous apprend ceci :

Nous vous annonçons avec une infinie tristesse que Hector Zazou nous a quitté le 8 septembre 2008 à Paris, dans sa soixantième année, à la veille de la parution d’un nouvel album enregistré en Inde (In The House Of Mirrors).

Explorateur fasciné des musiques du monde, pionnier des expérimentations électroniques, amoureux des voix féminines et des quatuors à cordes, arrangeur délicat et amateur de rock étrange, Hector Zazou n’a cessé de surprendre à chaque nouvel album, naviguant entre les genres pour créer les mélanges les plus subtils.

En témoigne une discographie riche d’albums originaux et souvent précurseurs, tels que Barricades 3 (1976, avec Joseph Racaille), Noir et Blanc (l’album qui posa les bases de la fusion afro-électronique, enregistré en 1983, avec le chanteur congolais Bony Bikaye), Les Nouvelles Polyphonies Corses (lauréat d’une Victoire de la Musique en 1992), Sahara Blue (1992, avec John Cale, Bill Laswell, Khaled…), Chansons des Mers Froides (1994, avec Björk, Suzanne Vega, Siouxsie), Lights In The Dark (1998, avec Brendan Perry, Ryuichi Sakamoto, Peter Gabriel) et une quinzaine d’autres, qui lui confèrent une place de premier plan sur la scène internationale.

Réalisateur sollicité, il a entre autre travaillé avec les chanteuses Yungchen Lhamo (Tibet), Sevara Nazarkhan (Ouzbékistan) et Laurence Revey (Suisse), avec le flûtiste galicien Carlos Nuñez ou avec le groupe italien PGR. Musicien respecté par ses pairs, il a collaboré avec Jon Hassell, Manu Dibango, John Cale, Harold Budd, Brian Eno, Peter Buck, Bill Rieflin, Nils Petter Molvaer, Laurie Anderson, Lisa Germano, David Sylvian, Jane Birkin, Lisa Gerrard, Asia Argento, Gérard Depardieu…

Crammed Discs a eu le bonheur d’entretenir une longue relation amicale et productive avec Hector Zazou, depuis le début des années 80, qui a donné lieu à la production et la publication de dix de ses albums. Le onzième est ‘In The House Of Mirrors’, un disque merveilleux et malheureusement posthume, qui paraîtra le 6 octobre.

Nous nous associons à sa famille et à ses proches en ce moment de deuil. Il nous manquera terriblement.

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Quelques informations supplémentaires : Né en Algérie (Sidi Bel Abbès) en 1948 d’une mère espagnole et d’un père français, Pierre Job se choisit le pseudonyme de Zazou en hommage à la jeunesse des années 45/50 amoureuse de jazz et d’élégance made in the USA. Il a commencé sa carrière à la fin des années 60, après avoir étudié la musique classique et le jazz d’avant-garde, il s’inspirera également de l’oeuvre de Captain Beefheart.

Je vais faire exception à ma règle et vous proposer cette pelletée d’albums que je vous invite à ramasser et à écouter avec plaisir et recueillement.

Hector Zazou – La Perversita

Hector Zazou – Géographies

Hector Zazou – Las Vegas Is Cursed

Hector Zazou – Lights in The Dark

Hector Zazou – Sahara Blue

Hector Zazou – Chansons des Mers Froides

Hector Zazou – Strong Currents

5 thoughts on “Pierre, tu es pierre…

  1. Wow ! Merci pour cette pelletée d’ingéniosité éthérée. Grosse perte pour la modernité. Que Dieu ait son âme ;ou le diable, à sa convenance.

  2. merci pour cet hommage…

    par respect, vous pourriez toutefois également suggérer à vos lecteurs d’acquérir les albums d’Hector Zazou, en téléchargement ou sous forme de CDs (via tout site légal), au lieu de les « offrir » à tout vent !….

  3. En tout respect -- et c’est l’éthique en cours dans la blogosphère -- j’ai décidé de retirer les liens des albums à la demande des gens de Crammed. Je me suis accordé une exception pour l’album ‘La perversita’ carrément introuvable.
    Ceci dit, à part quelques exceptions, la tradition est de s’en tenir à une seule pièce et je vais tenter de la maintenir.

  4. Merci, Homme-Scalp, pour cette réaction aussi rapide que vertueuse !
    C’est peut-être l’éthique qui DEVRAIT être en cours dans la blogosphère, mais ce n’est pas toujours la cas… ce qui finit par mettre notre existence réellement en danger, nous autres labels et, en amont, artistes.
    A tout hasard, signalons que de nombreux albums d’Hector Zazou sont trouvables via le site http://www.crammed.be

  5. L’éthique dont je parle est de retirer tout contenu à la première plainte. Ceci dit, je suis content que soient disponibles des versions numérisées maison de vinyles qui sont disparus, des vieux trucs oubliés. Je pense qu’il faut faire attention avant de publier des albums qui viennent de paraître.

    Par ailleurs, je n’achète plus beaucoup d’albums en magasin parce que trop chers. Il y a trop d’intermédiaires qui s’en mettent plein les poches dans cette industrie. Ne vous gênez pas pour botter le cul des pays qui taxent beaucoup trop la culture. Pas normal de payer 25 dollars pour un CD. Ce support est appelé à disparaître. Les labels doivent offrir des produits compétitifs, plus beaux, différents et moins chers. Jetez un coup d’oeil à la plateforme de mise en marché du nouvel album de Brian Eno / David Byrne pour comprendre. L’album peut être téléchargé simplement, en version CD avec pochette, en version CD deluxe avec méga belle pochette. Plusieurs types de prix.

    Et pourquoi pas l’idée d’envahir sournoisement le milieu du piratage en proposant l’album avant tout le monde mais avec une qualité audio moins bonne?

    Mes 10 derniers achats en magasin sont principalement des albums québécois.

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