Hé, vieil homme

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La campagne électorale a donné les résultats que l’on sait aux États-Unis. Et franchement, mesdames et messieurs, mettons-nous à la place de ces pauvres militants démocrates et républicains qui ont travaillé sans relâche pour faire élire leur candidat, mettant parfois en péril leur santé en mangeant soir après soir du petit poulet, des clubs sandwichs en triangle, des patates frites et autres expédients propres à faire enfler la bedaine. Il est donc recommandé de se refaire une santé. Et pour ça, il faudra se rendre à l’autre bout du monde et suivre le fameux régime Okinawa.

Les Okinawaïens sont connus pour leur longévité légendaire. On retrouve dans cette partie du pays 5 fois plus de centenaires que partout ailleurs au Japon. L’alimentation des insulaires est faible en gras, en sel et est composée principalement de poisson, de tofu et de produits de la mer. Intéressant, n’est-ce pas? Allons-nous appliquer immédiatement ces beaux principes alimentaires? Non. Intéressons-nous à la musique, tiens.

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Un autre élément important de la culture musicale d’Okinawa est le sanshin. L’instrument à trois cordes, qui se rapproche du sanxian chinois et est l’ancêtre du shamisen japonais, est à peu près similaire à notre banjo, si ça peut vous donner une idée. Il est fabriqué à partir de peau de sepent. On entend le sanshin dans la plupart des chansons traditionnelles. Après avoir vu – de mes yeux vu – Michihiro Sato, un extraordinaire joueur de shamisen accompagner le toujours curieux John Zorn (un choc musical), j’ai été peu de temps après séduit par une interprétation un peu croche mais bien sentie de la chanson traditionnelle Hai Sai Oji-San par les virtuoses Richard Thompson, Fred Frith, Henry Kaiser et John French. Et quelques temps après – grâce à la curiosité légendaire de David Byrne et de son étiquette Luaka Bop – j’ai pu enfin connaître l’auteur de la ritournelle.

Shoukichi Kina et son groupe Champloose ont joué un rôle important sur la scène folk-rock asiatique entre les années 70 et 80. Ils se sont faits connaître en premier lieu par cette même chanson (Hai Sai Oji-San signifiant à peu près « Hé, vieil homme ») et ont été remarqués pour leur grand talent à mélanger tradition et modernité. L’album Asian Classics 2: Peppermint Tea House – Best of Shoukichi Kina est essentiel. Recommandé par l’Homme Scalp avant d’entamer un régime faible en gras. Voici la chanson originale et ensuite la version occidentale pas piquée des vers et très respectueuse; cette dernière est extraite de l’album Live, Love, Larf & Loaf publié en 1987 par le super quatuor américano-britannique et est chantée courageusement par Richard Thompson.

Shoukichi Kina – Hai Sai Oji-San [Télécharger]

French, Frith, Kaiser and Thompson – Hai Sai Oji-San [Télécharger]

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