Retire cette satanée pipe

J’apprends que le prochain projet de L’Orchestre d’Hommes-orchestre portera sur le répertoire du compositeur allemand Kurt Weill. Bien hâte de voir et surtout d’écouter ça. J’ai commencé à m’intéresser à ce dernier au milieu des années 80 – en plein coeur d’un véritable revival Brecht-Weill – alors que venait de paraître plusieurs compilations rendant hommage à son immense talent et à son oeuvre colossale.

Parmi celles-ci, Lost In The Stars – réalisée par l’intuitif et toujours aventureux Hal Wilner – proposait des reprises des meilleurs succès de ses pièces composées pour la scène (l’Opéra de 4 sous, Les 7 péchés capitaux, Grandeur et décadence de la ville de Mahagony) donnant lieu à des performances très rafraîchissantes de Tom Waits, Lou Reed, Sting, Stan Ridgway, Marianne Faithfull, Carla Bley, Charlie Haden et John Zorn.

dagmar-horz

L’album permettait aussi au grand public de rencontrer (enfin!) la superbe Dagmar Krause, chanteuse de Hambourg qui s’était précédemment fait remarquer au cours des années 70 et 80 pour son travail au sein des groupes d’avant-garde Slapp Happy, Henry Cow, Art Bears et News From Babel. Une voix extraordinaire, haut-perchée et saisissante. Dagmar a lancé deux albums marquants Supply and Demand: Songs by Brecht/Weill and Eisler et Tank Battles: The Songs of Hanns Eisler, tous deux très bien réalisés et interprétés, dans lesquels elle a laissé définitivement une marque profonde en se classant comme une des interprètes les plus vivantes d’un répertoire qui s’étend des années 20 à 50.

Et toujours à cette époque (mi-80), un producteur avisé et audacieux de Montréal a convaincu Krause de se produire en concert aux Foufounes Électriques (légendaire et excentrique club de la rue Sainte-Catherine), alors qu’elle était de passage à Toronto pour un festival consacré à l’oeuvre de Kurt Weill. Un concert fantastique qui a laissé sa trace dans mon cœur et dans celui de tous les chanceux qui étaient présents devant elle et son pianiste. Ça ressemblait à ça.

One thought on “Retire cette satanée pipe

  1. J’attends toujours mon vinyle…qui est l’opéra de 4 sous en français…où est cet homme-dont-je-tairai-le-nom? :))))

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