Et on se retient !

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Petit retour sur le 10 juillet au Festival d’été de Québec.

Sous un soleil de plomb à Place d’Youville, alors que les spectateurs ne se pressaient pas devant la scène préférant les trop rares zones d’ombre, Dominic Cravic et sa bande se sont présentés pour jouer le répertoire sans âge des Primitifs du Futur. Un véritable bonheur pour la poignée de fans de l’ensemble (faciles à repérer, ils étaient littéralement scotchés à la clôture!) et assurément une découverte pour les badauds et les curieux qui ont envahi progressivement le devant de la scène.

On a découvert d’emblée un groupe très soudé, un swing ravageur, un saxophoniste de très grande qualité (Daniel Huck, non seulement excellent, mais tout un personnage!), le leader et guitariste Dominic Cravic (terriblement efficace à la pompe!), Jean-Michel Davis (percussionniste de talent et conservateur de vieille musique), François Parisi, un accordéoniste virtuose (nécessaire pour le musette), la très efficace Fay Lovsky (basse, guitare de poche, scie, theremin) et la chanteuse Claire Elzière.



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Les concerts ont été merveilleux, d’un point de vue strictement musical. Particulièrement celui de midi. Interrogés un peu plus tard par votre humble serviteur, Dominic, Daniel, Jean-Michel et Fay ont été impressionnés par la grande qualité et le professionnalisme du personnel technique autour de la scène de Place d’Youville. Un bon point pour le Festival d’été de Québec. Un beau moment, simple, souriant. De la très belle musique, des interprètes hors pair. Rendez vous chez votre disquaire et dévalisez-le de ses albums des Primitifs du Futur.

La soirée qui a suivi au pub Saint-Alexandre a été moins confortable. Le propriétaire et les organisateurs du FEQ devront repenser certaines petites choses s’il veulent répéter l’expérience de ce genre de concerts. J’ai été agressé toute la soirée par une ‘musique d’ambiance’ avant et après la première partie. Je ne vois pas vraiment ce que BLONDIE, HEART, SUPERTRAMP, PINK FLOYD, ROD STEWART venaient faire dans nos oreilles avant un concert de jazz manouche, java, musette! Interrogée là-dessus, la serveuse nous a appris que, selon son gérant, c’est le genre de musique auquel nous allions avoir droit ce soir-là!



À PROPOS DES PRIMITIFS DU FUTUR

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Daniel Huck est un homme absolument charmant. Invité à notre table, il a parlé de tout sans réserve. De la vie, des enfants, de l’amour, du vieillissement, de sa maison et de sa passion pour le jazz et les vieux disques. Et Il est très drôle sur scène: quand les spectateurs applaudissent chaleureusement, il ponctue avec un retentissant « Et encore, on se retient! »

Dominic Cravic est affable, gentil, mais j’ai senti chez lui une certaine lassitude. Alors que je lui parlais du Ukulele Club de Paris, il m’a appris que Cyrille Lefebvre (génial guitariste et fondateur du groupe) était malade et qu’il avait combattu un cancer.

Fay Lovsky a fait tourner les têtes avec ses beaux traits de néerlandaise. Je l’ai trouvée fatiguée et très réservée. Et elle ne comprenait pas mon accent québécois, je crois. Je me reprendrai par écrit. Je vous invite à rechercher ses disques solos ou à mettre la main sur son album LA BANDE DESSINÉE. Elle est plus agréable à regarder jouer du Theremin que Clara Rockmore!

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François Parisi a tenté sérieusement de m’entretenir de la situation linguistique des Québécois en Amérique en insistant sur le fait que nous allions être engloutis par les Angles un de ces jours! J’ai souri et répondu à l’accordéoniste que j’allais réfléchir à ça plus tard bien assis sur ma « rocking-chair »… Ah, les Français!

Jean-Michel Davis est définitivement la personne à rejoindre au sein des P du F, si vous avez envie de parler de vieux disques et de musique disparue des années 20. Un collectionneur et un musicien passionnant.


QUELQUES NOTES SUR LA FAUNE DU FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC:

    Les porteurs de laissez-passer et autres promoteurs en périphérie du FEQ sont facilement reconnaissables, bien au-delà de la couleur de ce qui leur pend au cou : ils sont toujours en mouvement, parlent sans arrêt et n’écoutent pas vraiment la musique.
    12 jeunes calottés, aux biceps en évidence, avec leurs blondes toutes aussi hormonisées, se sont pointés au Pub Saint-Alexandre et ont choisi de bavarder TRÈS FORT comme s’ils étaient à la brasserie du coin après les cours au CEGEP. Ils n’avaient pas remarqué le gars avec une guitare devant eux qui tentaient d’expliquer la nature ou la provenance des pièces jouées par les musiciens.

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